histoire de Bretagne

L'INVASION ANGLO-SAXONNE

Conquise par les Romains sous Claude et constituée en province de Bretagne, la grande île du N.-O. de l'Europe fut abandonnée en 411 par les légions, rappelées sur le continent pour faire face aux envahisseurs germaniques. Dès la première moitié du Ve s. commença la conquête de l'île par des tribus, également germaniques, venues à travers la mer du Nord depuis le Jutland, le Schleswig et le Holstein. Ces Jutes, ces Saxons, ces Angles se heurtèrent, à la différence de ce qui se passait à la même époque sur le continent, à une résistance acharnée des Bretons autochtones, dont la légende du roi Arthur a conservé le souvenir. Malgré leur victoire du mont Badon (vers 500), les Bretons furent inexorablement refoulés vers l'ouest de l'île, les uns trouvant refuge dans les régions montagneuses et sauvages du pays de Galles et de la Cornouailles, tandis que d'autres préféraient s'expatrier en Armorique, qui prit d'eux par la suite le nom de Bretagne.

Les sources sur cette période sont rares et parfois légendaires. La résistance des Bretons est attribuée à divers personnages : Ambrosius Aurelianus entre 460 et 480, qui conduit des réfugiés en Armorique, Vortigern, président (et non roi parce que élu) du conseil à Londres vers 425 ou vers 450. L'est de l'île tombe sous l'autorité des Anglo-Saxons. Cette région se referme sur elle-même et perd par exemple le contact avec l'Église catholique à Rome. De cette époque trouble naîtra la légende du roi Arthur.

La conséquence de cette guerre acharnée fut l'anéantissement total de la civilisation romaine et du christianisme dans le pays qui devait garder le nom de ses conquérants (Angleterre, England = terre des Angles). Sept royaumes germaniques se constituèrent, formant l'Heptarchie anglo-saxonne, qui dura, avec des variantes, et au milieu de guerres fréquentes, jusqu'à la conquête normande : le Kent (Jutes) ; l'Essex, le Sussex, le Wessex (Saxons) ; la Northumbrie, l'Est-Anglie, la Mercie (Angles). Vers la fin du VI s., une relative tranquillité se rétablit dans l'île et le pape st Grégoire le Grand décida d'envoyer en Angleterre une mission de moines bénédictins (printemps 596) conduits par Augustin, qui ayant converti le roi du Kent, Ethelbert (Pentecôte 597), fonda les évêchés de Canterbury, Londres et Rochester.

 

ROMANISATION

Le latin servait de langue véhiculaire pour les Romains et les populations locales, estimées à un million d'habitants.

Cependant, la romanisation (ou latinisation) des habitants de l'île (tous appelés Brettones (ou Bretons) par les Romains) resta plutôt superficielle et semble avoir surtout concerné le bassin de Londres, tandis que les vieux fonds celtique et belge perdurèrent, du moins dans les campagnes et particulièrement au pays de Galles, où les Romains s'implantèrent peu. Autrement dit, les « Bretons » continuèrent à parler leurs langues celtiques sauf pour les élites locales, généralement bilingues, pour qui la romanisation obtint un franc succès. Voici ce qu'écrit l'historien Tacite :

« En fait, les populations locales et rurales ne furent pas assimilés par les occupants. La langue latine resta une langue étrangère, sans doute nécessaire pour les relations avec les Romains. La latinisation des villes fut plus importante, mais pas au point de faire changer de langue les habitants. »

Certains mots anglais ont toutefois une origine qui date vraisemblablement de l'occupation romaine :

·                     Aménagement :

·                     Street de strata (chaussée),

·                     Wall de vallum (palissade, mur),

·                     suffixe -chester et -cester dans des noms de localité pour castra (fort),

·                     suffixe -coln dans Lincoln, pour colonia (colonie)

·                     Vie citadine : dish, de discus (disque), wine de vinum (vin), cheese de caseus (fromage), cheap de caupo (aubergiste), church de ecclesium (église).

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